Forum de la Guilde ANKOR Index du Forum
Forum de la Guilde ANKOR Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

Iswe

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum de la Guilde ANKOR Index du Forum -> Ankor : le Clan -> Présentation -> Présentation RP
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Iswe
Membre d'Ankor

Hors ligne

Inscrit le: 21 Aoû 2011
Messages: 3
Localisation: Toulouse
Féminin Gémeaux (21mai-20juin) 兔 Lapin

MessagePosté le: Lun 22 Aoû - 14:11 (2011)    Sujet du message: Iswe Répondre en citant

 
.
« 
 


Il enroula ses bras autour d’elle et la serra fort

 « Ma petite Pixie…» chuchota t-il à son oreille.
Elle était si petite et si menue que le haut de sa tête arrivait à peine à la moitié de sa poitrine. La jeune elfe rit.
« Dynwyn, mon géant.. » lui répondit-elle sur le même ton, fermant les yeux et se laissant aller à cette étreinte alors que les rayons du soleil éclairaient la clairière menant à leur maison.
Après leur union, ils avaient décidé de se retirer loin des autres, loin du monde. Sans doute parce qu’ils se suffisaient à eux-mêmes et que leur amour était si fort, si exclusif qu’il mettait les autres à l’écart. Ils avaient choisi de s’unir pour la vie, chose plutôt rare chez les elfes où on se lie pour une période donnée.
Cette décision était dû au fait que l’éternité ne suffirait pas pour qu’ils puissent vivre ensemble tout ce qu’ils avaient à partager. Ils n’étaient pas compagnons, non, mais la fusion parfaite de deux âmes sœurs.
 

Dynwyn.
Erowen.
 

Aussi longtemps qu’elle se souvienne, Dynwyn était là, à ses côtés, attentif et tendre. Les bébés qu’ils avaient été avaient à peine une lune d’écart et avaient grandis ensemble au village dans la forêt. Leur affection, leur amour et leur tendresse avaient toujours été leur lien et ils trouvaient ça parfaitement normal, là où d’autres auraient trouvé cela extraordinaire. Quand l’âge était venu, Dynwyn lui avait offert cette fleur qui ne quittait jamais ses cheveux.
« Tant que cette fleur vivra Erowen, alors notre amour existera lui aussi » lui avait-il dit.
 

Ils s’étaient accordés puis avaient décidé de vivre ici en paix et heureux, en attendant le moment où ils auraient des enfants. Tous les deux avaient construit cette modeste cabane qu’ils se plaisaient à appeler maison ; quelle importance, les elfes n’étaient pas attachés aux biens, ni à la propriété. Le matin, il prenait son arc et elle courait à ses côtés en silence. Elle n’aimait pas les armes et n’avait jamais jugé bon d’apprendre à s’en servir. Dynwyn n’était-il pas toujours là pour veiller sur elle ? Erowen courait tout simplement, pieds nus, sa longue chevelure blonde dansant autour d’elle, portant une robe légère et courte pour ne pas entraver sa course. Ils se baignaient dans le lac, faisaient l’amour, chantaient et dansaient sous la lune. Ils étaient libres. Libres, sauvages et insouciants. Mais surtout ensemble
Main dans la main, ils rentrèrent vers leur foyer alors que le soleil se couchait…
 

« Je crois qu’il va pleuvoir demain » dit Dynwyn en examinant le ciel gravement.
Sa compagne se mit à rire et passa son bras autour de sa taille. « Comme si cela pouvait nous gêner.. »
Il lui sourit. « C’est surtout que nos légumes vont pousser, petite fée de mon cœur… »
Gentiment moqueuse, elle lui tira une de ses nattes. « Un vrai paysan ma parole ! »
 

Comme il était beau. Douloureusement beau aurait dit des yeux extérieurs. Il n’avait jamais coupé ses cheveux noirs qui lui tombait presque jusqu’aux chevilles lorsqu’ils étaient libres des deux nattes qui les rassemblaient habituellement. Elle pouvait passer des heures à glisser sa main dedans car ils étaient aussi doux et aussi légers que de la soie. Grand, élancé, on se perdait dans son regard d’ébène et lorsque son époux lui souriait alors plus rien n’existait autour. Elle avait remarqué comment le regardaient les autres  jeunes elfes au village mais il n’avait jamais eu d’yeux que pour elle et la réciproque était vraie.
 

Erowen.
Dynwyn.
 

Ils s’allongèrent sur le lit et elle nicha la tête au creux de son épaule alors que le silence et l’obscurité tombaient sur l’habitation. Loin des aléas de ce monde, deux elfes dormaient étroitement enlacés.
 

*** 
Le bruit la réveilla en sursaut. Déjà debout, Dynwyn d’un geste lui fit signe de se taire et de ne pas bouger. Il se saisit de son arc et, à pas de loups, se déplaça vers l’entrée de la cabane.Erowen pencha la tête, orientant ses oreilles. Des pas, lourds. Une odeur d’animal portée par le vent. Des voix fortes avec un drôle d’accent. Elle fronça les sourcils, intriguée. 

Et puis le bruit d’une flèche tirée. L’elfe pâlit et enfila à la hâte sa tunique, le cœur battant la chamade. Elle regarda discrètement à l’extérieur.
 

Son époux faisait face à six silhouettes à cheval. Devant l’une d’entre elles, une flèche était plantée dans la terre. Erowen plissa les yeux et hoqueta de surprise.
Des Humains. Elle n’en revenait pas. Que faisaient-ils ici ?
 

L’un d’eux s’avança et toisa Dynwyn. « Laisse nous passer, paysan. Nous n’avons pas de temps à perdre. Amène donc de l’eau pour mes hommes et nos montures, nous avons encore de la route à faire
 

L’archer haussa un sourcil. « Je ne suis pas un de tes serviteurs, Homme. Et si tu veux t’abreuver, le ruisseau fera très bien l’affaire », lâcha t-il d’un ton sec.
 

L’étranger se mit à rire. Il fit mine de passer mais au dernier moment, fit faire un brusque écart à sa monture pour bousculer Dynwyn. Mais il contrôla mal son mouvement et la bête fit une large embardée et envoya l’elfe bouler contre un arbre. Un bruit sourd alors que les yeux de l’elfe s’ouvraient grands, comme surpris. Il se dégagea de la branche qui venait de lui percer la nuque en un bruit de succion écœurant, fit un pas en avant, puis s’effondra, couvert de sang.
 

Les hommes s’étaient figés. Elle s’entendit hurler le nom de son époux alors qu’elle s’élançait vers lui. Se jetant à ses pieds, elle le prit dans ses bras et commença à le bercer, marmonnant des paroles incompréhensibles entre deux hoquets qui secouaient son corps frêle.
 

« Ca, c’est vraiment pas de bol… », constata un des hommes d’armes. « On avait pas vraiment besoin de la mort d’un elfe en venant ici… »
Celui qui était à leur tête fit un geste vague de la main. « Arrangeons-nous pour ne pas laisser de traces. Apparemment, ils avaient l’air de vivre seul ici. Aller fouiller la maison et occupez-vous de la fille. Ne traînons pas trop. »
Le guerrier eût un petit sourire. « Mes hommes peuvent s’amuser un peu avec, mon seigneur ? Un petit bout d’elfe, ils en auront pas l’occasion avant longtemps… »
L’homme secoua la tête, agacé. « Faites ce que vous voulez, je veux juste qu’elle ne puisse pas aller raconter ce qui vient de se passer. Le reste m’importe peu. » Il fit avancer sa monture, s’éloignant de la clairière sans un regard en arrière.
 

*** 
 
Je n’aurai jamais crû pouvoir endurer cela et y survivre. Comment un acte aussi beau peut-il salir, avilir à ce point ? Ils me laissèrent pour morte, sur le cadavre de mon époux au pied de notre maison en flammes. Même si mon cœur battait, je l’étais en réalité. Morte de l’intérieur. Au matin du troisième jour, je trouvais la force de me traîner jusqu’à la rivière pour y laver mes blessures et boire. Je suis restée là de longues heures, laissant l’onde emporter tous mes rêves, mon chagrin et ce que j’étais. A la fin, il ne restait plus que la colère et la haine. Ce sont elles qui me donnèrent la force et la volonté de donner une sépulture à Dynwyn.
 

Je ramassais son arc. Avec la fleur qu’il m’avait offerte et ma tunique en lambeaux gorgée de sang, c’est tout ce qu’il me restait en ce bas monde. J’ai mis des jours et des jours pour rejoindre le village dans la forêt. Des semaines encore pour me remettre de mes blessures. Durant ce temps, je ne parlais plus, serrant contre moi l’arc de Dynwyn, rêvant de son parfum, de ses grands yeux noirs qui venaient hanter mon sommeil agité. Lorsque je parvenais à croiser le regard d’un de mes frères elfes, j’y lisais la pitié et le désarroi. Rien ne pouvait me soulager, rien à part tenir dans mes mains la tête de ces hommes. La vengeance. J’avais jusque là ignoré que cela puisse exister. Je ne connaissais que le jeu, l’amour d’un être et la sérénité…Je découvrais des choses en moi qui ne s’y trouvaient pas auparavant. Je me transformais lentement en quelque chose d’autre.
 

J’ai demandé à rejoindre l’Académie. Je voulais suivre les pas de feu mon époux et devenir éclaireur. Pour lui rendre hommage, pour donner un sens à ma vendetta mais aussi à ma vie. J’étais seule désormais et j’allais devoir apprendre à survivre. J’ai mis de l’acharnement à cet apprentissage, je ne vivais plus que par lui et à travers lui. J’écoutais, j’observais, je m’entraînais, je n’avais plus que cela. Depuis la mort de Dynwyn, aucun mot n’avait franchi ma bouche. Je n’étais pas devenue muette, je n’avais tout simplement plus la force de communiquer, même avec mes semblables. Je n’ai jamais parlé de ce qu’il s’était passé, à personne. A quoi bon? Tout ceci m’appartenait.
 

Un beau jour, on m’a laissé repartir. La peau de mes mains avait formé des cals à force de tenir l’épée. J’avais sur le bras quelques marques laissées par la corde de mon arc sur des tirs maladroits. Ils m’ont dit que j’étais douée, qu’ils étaient fiers de m’avoir enseigné.
 

 Je ne les ai pas crûs .Je ne croyais plus en rien, sauf en ma capacité désormais de pouvoir tuer avec une flèche ou ma lame. L’heure du châtiment était enfin arrivée… »
 

*** 
Assise sur une branche, cela faisait des heures qu’elle les regardait. Vêtue de bleu sombre, parfaitement immobile, il était impossible de pouvoir la débusquer. Elle était devenue l’arbre tandis qu’elle les regardait s’arrêter, dresser leur campement, faire du feu, manger et discuter autour du feu qu’ils avaient allumé. 

Parmi eux, il y avait des visages qu’elle ne connaissait pas. Tant pis pour eux.
 

Elle attendait le bon moment, cette heure particulière un peu avant l’aube, où les paupières de ceux qui sont encore éveillés deviennent lourdes, où les muscles se relâchent et les membres se détendent tandis que ceux qui dorment sont profondément ancrés dans leur sommeil. Elle frapperait à ce moment, regardant pour l’instant avec avidité ses anciens tortionnaires vivre leurs derniers instants…
 

Alors que les toutes premières lueurs du jour commençaient à peine à griser le ciel, elle s’élança. Un sifflement précéda son mouvement suivi par le bruit d’une flèche qui se plante dans la chair. La tuerie venait de débuter…
 

*** 
Un remue ménage fit lever la tête de Talin. Un attroupement semblait s’être formé à l’entrée du village. Un de ses éclaireurs se dirigea vers lui, la mine sombre. « Je crois que tu devrais venir voir… » lui dit-il. Le chef des éclaireurs fronça les sourcils. « Qu’est ce qu’il se passe ? ». Son frère d’armes se retourna. « De gros problèmes en perspective… » 

Agacé, Talin se dirigea vers la foule et se fraya un passage jusqu’à son centre. Là, il se figea, oscillant entre stupéfaction et dégoût.
 

Erowen se tenait là, debout, son arc à la main. Elle avait trempé ses cheveux blonds dans du sang qui, après avoir séché, formait une sorte de casque rouge sombre sur sa tête. Mais le plus effroyable, c’est qu’une sorte de cape décorait une de ses épaules et dégageait une odeur de mort. En y regardant de plus prêt, il s’aperçut qu’il s’agissait de peau et de cheveux humains qui avaient été cousus ensemble pour former cet horrible assemblage. Le vieil éclaireur devint livide tandis qu’Erowen le regardait, une lueur de défi au fond des yeux. Il la saisit par le bras et l’entraîna à sa suite. Une fois chez lui, il la toisa de toute sa hauteur, une lueur de colère au fond des yeux.
« Je crois que je vais avoir besoin d’une explication, Erowen, et tout de suite ! » l’apostropha t-il sèchement. « Tu es devenue folle ? »
 

Elle ne répondit pas, se contentant de le fixer.
 

« Erowen ! Je t’ai posé une question ! Qu’est ce qu’il s’est passé là bas pour que tu en arrives à… à ça… » lâcha t-il en désignant sa parure en putréfaction. » Il se radoucit un peu. « Je t’ai vu grandir, où est passé l’elfe que je connaissais ? Tu t’es toujours refusé à la moindre violence… Je sais qu’on vous a fait du mal, je sais que Dynwyn en est mort. J’ai été là bas, j’ai été me recueillir sur sa tombe et j’ai vu les ruines fumantes de votre maison… » Il prit un air grave. « Il était mon ami et mon frère et ne crois pas être la seule à avoir de la peine. Mais ton chagrin ne justifie pas cet acte. Nous ne sommes pas des sauvages assassins, Erowen. Et les humains sont nos alliés, ça c’est la réalité… Que tu le veuilles ou non. »
 

Elle ne parlait toujours pas alors il reprit : « Par ton acte, tu nous mets tous en mauvaise position. Tu as choisi de répondre à la violence par la violence, sans regard pour l’alliance que nous avons conclue avec les Hommes. Parce que Dynwyn était mon ami et parce que je soupçonne ce qu’il s’est passé, je ne te livrerai pas à tes juges. Mais je te bannis de notre communauté. Ne reviens jamais ici. Jamais. Dans le cas contraire, je te traquerais et je t’abattrais. Tu as bien compris ? »
Elle acquiesça lentement. Les yeux du vieil éclaireur se mirent à briller. « Fais bien attention à toi, Erowen, tu vas me manquer… Va t’en maintenant… »
Elle se détourna et sortit, traversa le village et disparut dans la forêt. Elle ne se retourna pas une seule fois.
*** 
« J’étais partagée entre le chagrin et un profond sentiment d’injustice. Talin me faisait payer pour quelque chose que j’estimais légitime. C’est moi qui avait été meurtrie dans ma chair et dans mon cœur, c’est mon époux et ma vie qui m’avaient été enlevés par ces Hommes ! Ce n’était qu’une juste rétribution que je prenne leurs vies.
J’ai lavé mes cheveux et je les ai coupés. Mais je continue aujourd’hui de les teindre en rouge. Ils restent le symbole de ma vengeance. J’ai fini par brûler mes trophées. Je les ai regardés se consumer jusqu’au bout, les poings serrés. Il m’a fallu quitter l’Ile des Elfes puisque j’en étais bannie… Un bateau m’a menée jusqu’à la grande ville des humains. J’ai découvert qu’ils n’étaient pas tous des brutes sanguinaires. Certains m’ont donné à manger, d’autre du travail… Je loue un petit appartement à Varanas et la Guilde des Explorateurs requiert de temps en temps mes services. La fleur dans mes cheveux n’a pas fanée et je me rappelle les paroles de Dynwyn. Elles me font chaud au cœur. Je sais qu’il est quelque part, là, avec moi. Dans chacune de mes foulées, dans chaque flèche que je tire, chaque coup d’épée. Les cauchemars s’espacent et je sens mon corps avoir des sursauts qui me rappellent que je suis encore en vie. J’aime toujours autant courir et j’ai choisi le vaste monde comme unique route. Je veux tout explorer, tout voir, ne pas m’arrêter. Pas d’attaches, pas de repos, ne pas penser. Je ne sais pas de quoi sera fait demain et cela m’importe peu dans le fond. Je vis dans le présent et chaque jour qui passe est une victoire, un miracle en soi. Un jour de plus sans mon âme sœur aussi…  »

 

 
_________________
"Le vent a tout emporte: brume, cendres, soupirs et jusqu'au souvenir de mes larmes..."
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Lun 22 Aoû - 14:11 (2011)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Ankor
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 17 Sep 2010
Messages: 101
Masculin

MessagePosté le: Lun 22 Aoû - 17:09 (2011)    Sujet du message: Iswe Répondre en citant

Magnifique, j'aime beaucoup.

les cheveux rouges semblent être une mode répandue finalement Wink

(par respect pour l'aspect rp de ton post, mon commentaire sera effacé sur simple demande)
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:50 (2018)    Sujet du message: Iswe

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum de la Guilde ANKOR Index du Forum -> Ankor : le Clan -> Présentation -> Présentation RP Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
darkages Template © larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com